Dans la campagne lyonnaise, Serge et Jasmine vivaient une vie simple, paisible et rieuse. Ils avaient dépassé la quarantaine, mais continuaient à se lancer des défis absurdes juste pour le plaisir de surprendre l’autre.
Un matin, Jasmine découvrit un mot collé sur le frigidaire. L’écriture de Serge, droite et énergique, disait simplement
« Fais-moi du couscous chérie, fais-moi du couscous »,
reprenant la vieille chanson qui les faisait toujours rire.
Elle éclata de rire, secoua la tête et se lança aussitôt à la recherche d’une recette rapide.
Ce qui devait être « simple » se transforma en plusieurs heures de découpe, mijotage et improvisation.
Fatiguée mais fière, elle posa enfin le plat fumant sur la table.
Serge s’installa avec un grand sourire, la serviette déjà coincée dans le col de sa chemise.
« C’est délicieux mon amour » dit-il, juste avant de s’interrompre brusquement.
Un morceau de merguez trop gros s’était coincé.
Il devint rouge, puis violet. Jasmine bondit, passa derrière lui et lui fit la manœuvre de Heimlich. Le morceau jaillit sur le carrelage.
Serge reprit son souffle, encore secoué.
« Tu m’as sauvé la vie » souffla-t-il.
« D'un autre côté, j’ai failli te tuer » répondit-elle, mi-nerveuse, mi-amusée.
Il éclata de rire.
« C’est vrai. Mais c’est seulement après une bonne frayeur qu’on réalise à quel point on est heureux d’être vivants. »
Jasmine s’assit face à lui, se frotta les yeux et sourit.
Voici une nouvelle version d'une ancienne de mes histoires dont je n'étais pas du tout satisfait car elle s'éloignait trop de ce que je voulais faire passer. Cette fois-ci elle correspond bien mieux à la vision que j'en avais. Cette histoire est avant tout une "private joke", qui sera comprise seulement par celui ou celle qui sera de quoi je parle.
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