Les trois compagnons avaient quitté la ville depuis peu et progressaient en direction de la Couronne de Glace.
C'était là que l'on trouvait la plus grande concentration de perles arc-en-ciel. C'était donc également l'endroit où Yagasawa et son groupe avaient probablement été vus pour la dernière fois.
Alcibiade marchait en tête, attentif au moindre détail.
Soudain, Alcibiade ralentit.
- Qu'est-ce que tu regardes comme ça, Alci ? demanda Soso.
Alcibiade désigna le sol.
- Là.
Tous deux s'approchèrent.
- On dirait... des traces de pas de soldats mécaniques, dit Alcibiade.
Ypoons se pencha à son tour. Son expression changea immédiatement.
- Nom de Dieu... Si on tombe sur un de leurs bataillons, nous sommes foutus.
Alcibiade réfléchit quelques secondes.
- Alors mieux vaut savoir ce qui nous attend avant d'aller plus loin. Je vais partir seul en éclaireur.
- J'allais te le proposer, répondit Ypoons. On va t'attendre ici bien sagement.
Soso hocha la tête.
- Et surtout, prends ton temps.
Alcibiade sourit.
- Je vais essayer.
Il partit seul.
Quelques minutes plus tard, Alcibiade entendit un bruit mécanique.
Il se retourna.
Trop tard.
Des soldats mécaniques surgirent de plusieurs directions à la fois.
Alcibiade dégaina immédiatement, mais les machines étaient déjà partout autour de lui. Une véritable embuscade.
Il n'y avait plus d'issue.
Les soldats se rapprochèrent.
Alcibiade comprit que l'affrontement allait commencer et qu'il serait sans pitié.
Puis, derrière les machines, une silhouette apparut.
Une femme d'un certain âge courait dans sa direction.
Elle portait un équipement inhabituel, manifestement conçu spécialement pour combattre les soldats mécaniques.
- Hé ! lança Alcibiade.
La femme ne répondit pas.
Elle se jeta dans la mêlée.
Le combat fut bref, violent et confus. Métal contre acier, esquives, coups précis. Alcibiade profita de l'ouverture pour reprendre l'initiative.
Quelques instants plus tard, les soldats mécaniques gisaient autour d'eux, réduits à l'état de pièces détachées.
Alcibiade reprit son souffle et regarda son improbable sauveuse.
Son visage lui disait quelque chose.
- On se connaît ?
La femme rangea tranquillement son arme.
- Pas vraiment.
Elle sourit.
- On m'appelle Mamie. J'assume mon surnom.
Alcibiade resta silencieux un instant.
Puis elle ajouta :
- Mais tu as probablement dû me connaître sous le sobriquet de Hera, à notre grande époque.
Cette fois, Alcibiade la reconnut.
- Bien sûr...
Il se souvenait d'elle. Pas personnellement, puisqu'ils ne s'étaient jamais parlé à l'époque, mais le nom, lui, appartenait à une période qu'il n'avait pas oubliée.
- Je me souviens de toi. Même si, à vrai dire, nous ne nous étions jamais vraiment parlé.
Mamie haussa les épaules.
Alcibiade regarda les débris des soldats mécaniques autour de lui.
- Quoi qu'il en soit, tu viens de me sauver la vie. Comment puis-je te remercier ?
Mamie eut un petit sourire.
- Inutile. J'aime aider. Et je m'ennuie à ne rien faire.
Puis elle se retourna.
- Et puis... tu me revaudras peut-être ça un de ces jours.
Alcibiade sourit.
- Peut-être.
Mamie s'éloigna sans attendre davantage.
Alcibiade resta seul au milieu des débris.
Il pensa à Ypoons et Soso qui l'attendaient plus loin.
Puis il regarda dans la direction de la Couronne de Glace.
La route du port Alveus était maintenant dégagée.
(Mamie m'aide face aux robots mécanique des TS de 'acte 9)