jeudi 5 février 2026

"Pas un Fantasme"

John : Dis-moi, tu savais que Tony Hawk c'était marié sur l'île d'Epstein ?

Marc : Le célèbre skateur des années 90, oui j'ai vu ça. Il faut être clair, c'est une mafia mondialisé pédo-sataniste qui est en train d'être mise en lumière aux yeux de ceux qui veulent bien regarder.

John : Beaucoup sont encore bloqués dans la matrice et refusent catégoriquement de voir la réalité. Pour eux, c'est du fantasme. À ce stade, la réalité n'existe plus pour ces personnes-là.

Marc : Cela va très loin. De nouveaux courriels d’Epstein révèlent une obsession des élites pour les programmes secrets de clonage humain visant à fournir aux dirigeants mondialistes un approvisionnement illimité en organes humains !

John : Jamais une personne âgée ne s'informant qu'à la télé ne croira à ça et de toute façon, les journalistes ne lui diront rien du contenu du dossier Epstein. Ils ne feront qu'allumer des contre-feu en s'attaquant au président américain, au président russe et curieusement à Michael Jackson, 17 ans après sa disparition. 

Marc : A la suite d'une discussion avec Bill Gates, un certain Barry Josephson donne une réponse à Epstein : « J’ai beaucoup réfléchi à cette question que vous avez posée à Bill Gates : “Comment se débarrasser des pauvres dans leur ensemble ?”… et j’ai une réponse… » Non, ce n'est pas du délire de complotiste, cela vient bien de documents qui se trouve sur le site du ministère de la justice américaine.

John : Beaucoup se réveille malgré tout, gardons espoir !



mercredi 4 février 2026

"Savais-tu que..."

John : Dis-moi savais tu que l'ex femme d'Epstein a invitée ce dernier chez elle en 2010 avec cette formule : « Venez me rendre visite la semaine prochaine, ma fille de 15 ans reçoit 5 amies. ».

Marc : Seuls les imbéciles ne comprennent pas l'insinuation.

John : Pendant ce temps le président de France veut attirer Musk en France pour le mettre en prison car trop de vérités sont dites sur X, son réseau social, sous de fallacieux prétextes.

Marc : Durov c'est à quoi s'en tenir ! Un chose amusante pendant les Grammys la chanteuse sataniste Billie Ellish c'est piégé toute seule en parlant de vole de territoire à une tribu indienne alors qu'elle même a une maison à 14 millions de dollars en plein territoire Tongvas et ces derniers ont répondu : « Nous comprenons que sa maison se situe sur nos terres ancestrales… Eilish n’a pas contacté directement notre tribu au sujet de sa propriété. »

John : Elle est stupide, car elle demande à la fois des frontières ouvertes à tous et parle de vole de territoires, mais si les territoires sont à tout le monde, alors il ne peut pas avoir de vole de territoires.

Marc : Il est aussi amusant que les journalistes français contestent la mesure du président américain de présenter une pièce d'identité pour voter aux élections alors que ces mêmes journalistes ne voient rien de contestable à montrer une pièce d'identité juste pour aller sur internet.



mardi 3 février 2026

"Incroyable mais Vrai !"

John : Les infos tombent et on ne sait plus où donner de la tête et tout est incroyable.

Marc : Tellement incroyable que les médias se taisent, alors que c'est l'affaire du siècle. Il contrôlait pratiquement tout, de la censure d'un humoriste français au choix des membres du MJ12. 

John : Ca dépasse l'entendement, mais il semblerait en effet qu'Epstein a fait pression sur la France pour interdire les spectacles de Dieudonné. Quelques jours plus tard, le gouvernement obtempérait. Quand au MJ12, tu sais qu'il s'agit du groupe secret qui s'occupe de la récupération d'OVNIS et en effet Epstein sélectionnait les personnes qui pouvait intégrer cette société secrète.

Marc : Les gens vont croire que tu délires alors que ces informations sont dans les conversations privés par email d'Epstein avec ses correspondants dévoilé par le FBI. Par exemple on trouve un email de 2012 où on apprend qu'Epstein a réussi à nettoyer sa page Wikipedia de la mention "délinquent sexuel condamné". 

John : C'est là où on voit que Wikipedia est une belle saloperie. Heureusement que maintenant il y a Grokipedia. Un autre email affligeant tiens en un mot, "Hoops", en commentant la mort de la femme de Robert Kennedy Junior retrouvée pendue. 

Marc : La fille de Jack Lang était sur le testament de Epstein, 5 millions de $, mais pourquoi ? 

John : Elle vient de démissionner, tout comme le ministre anglais Peter Mandelson, qu'on voit en slip avec une prostituée russe. Photo qui se trouve dans le dossier Epstein. 

Marc : Et ces révélations ne sont que le début ! Peter, accroche-toi à ton slip !



lundi 2 février 2026

"Prochaine étape, les vidéos."

John : Je suppose que tu as vu les milliers de documents sur l'affaire Epstein sortis ce week-end ?

Marc : Évidemment, John, cela a été un déferlement sur X. On découvrait chaque minute une nouvelle information qui confirmait tout ce que les complotistes disaient depuis des années, et parfois même pire que ce que le complotiste moyen imaginait. En France, le seul moyen qu'ils ont trouvé pour s'en sortir est la censure des réseaux sociaux, les seuls qui informent véritablement, pour ne plus être informés que par des journalistes aux ordres.

John : Le prétexte est la protection des mineurs. Alors que les contrôles parentaux sur les téléphones existent depuis longtemps, c'est aux parents qu'il revient d'élever leurs enfants. Dans le cas contraire, où c'est l'État qui éduque les enfants, alors nous sommes dans une dictature.

Marc : Comment faire pour savoir qui est mineur et qui ne l'est pas, sinon en contrôlant l'identité de tout le monde ? L'État saura tout ce que vous pensez et donc pour qui vous votez, fini la protection de l'anonymat.

John : Certains objectent que si on ne dit rien de mal, on n'aura pas de problème. Bien entendu, ils mentent : si votre supérieur, dans le public ou dans le privé, n'a pas les mêmes opinions que vous sur des sujets sensibles, vous serez viré ou des flics viendront frapper à votre porte comme en Angleterre. Donc vous fermerez votre gueule. Vous vous conformerez.

Marc : Cependant, je te rassure, c'est déjà trop tard, plus rien ne peut arrêter la vérité. Après les documents Epstein, ce sont les vidéos qui sortiront, et là ce sera la fin de la mascarade, les coupables n'auront aucun endroit pour se cacher.



dimanche 1 février 2026

"Tu avais raison !"

John : Tu avais raison sur toute la ligne, Marc. Il y a deux mois, jour pour jour, tu m'as dit : "Le président US va intensifier sa guerre contre les cartels de drogue, notamment au Venezuela. Mais il fera aussi pression sur le Mexique et la Colombie. Et bien entendu, il va réussir."

Marc : C'est une victoire facile. Un peu de jugeote suffit à prédire les événements. Pour les détails, il serait faux de prétendre que j'aurais pu deviner la méthode et l'efficacité dans l'arrestation du président vénézuélien. Il est fort, il est très fort !

John : Par contre, tu n'avais pas mentionné Cuba.

Marc : Autant pour moi. Mais voilà ma prédiction : la dictature socialiste qui sévit depuis plus de 65 ans à Cuba va tomber cette année de façon aussi rapide et surprenante que pour le Venezuela.

John : Tu avais aussi raison sur le fait que le président US ne céderait pas d'un pouce sur la remigration malgré les provocations des extrémistes.

Marc : Il ne cédera rien et il va réussir. Comme il va réussir à faire tomber le gouvernement iranien, composé entièrement de fous furieux. La démocratie sera de retour en Iran très bientôt. Rapide et efficace, tu verras. Tous les gouvernements socialistes du monde sont tombés ou sont en train de tomber, leur modèle politique est un échec retentissant. Le meilleur exemple est l'Argentine où son président a relevé son pays en à peine deux ans. Les socialistes sont au pouvoir depuis des décennies en Occident, pour quel résultat ? Ils devraient s'en prendre à eux-mêmes.

John : En ce moment même, il y a un déferlement de documents sur Epstein qui sortent sur les réseaux. Ce qu'on y apprend est tout à fait incroyable.

Marc : Incroyable est bien le mot, car beaucoup refusent encore d'y croire. Nous, nous savions, mais ouvrir les yeux à des personnes qui refusent de voir est un défi, un travail de longue haleine. Dans ses emails, Epstein parle même de voyage dans le temps et du projet Looking Glass dont je t'ai déjà parlé, j'en ai même fait des histoires amusantes. Bien entendu, le reste des 300 000 documents est terrifiant : nous apprenons des choses horribles sur Bush, Gates, Andrew, Bono, Jay-Z, Weinstein... Des choses dont j'ai parlé en long et en large ici-même, mais peu de monde me croyait. Leur réveil sera difficile.



mercredi 31 décembre 2025

"Fais-moi du couscous, ma Chérie"

Dans la campagne lyonnaise, Serge et Jasmine vivaient une vie simple, paisible et rieuse. Ils avaient dépassé la quarantaine, mais continuaient à se lancer des défis absurdes juste pour le plaisir de surprendre l’autre.

Un matin, Jasmine découvrit un mot collé sur le frigidaire. L’écriture de Serge, droite et énergique, disait simplement

« Fais-moi du couscous chérie, fais-moi du couscous »,

reprenant la vieille chanson qui les faisait toujours rire.

Elle éclata de rire, secoua la tête et se lança aussitôt à la recherche d’une recette rapide.

Ce qui devait être « simple » se transforma en plusieurs heures de découpe, mijotage et improvisation.

Fatiguée mais fière, elle posa enfin le plat fumant sur la table.

Serge s’installa avec un grand sourire, la serviette déjà coincée dans le col de sa chemise.

« C’est délicieux mon amour » dit-il, juste avant de s’interrompre brusquement.

Un morceau de merguez trop gros s’était coincé.

Il devint rouge, puis violet. Jasmine bondit, passa derrière lui et lui fit la manœuvre de Heimlich. Le morceau jaillit sur le carrelage.

Serge reprit son souffle, encore secoué.

« Tu m’as sauvé la vie » souffla-t-il.

« D'un autre côté, j’ai failli te tuer » répondit-elle, mi-nerveuse, mi-amusée.

Il éclata de rire.

« C’est vrai. Mais c’est seulement après une bonne frayeur qu’on réalise à quel point on est heureux d’être vivants. »

Jasmine s’assit face à lui, se frotta les yeux et sourit.


Voici une nouvelle version d'une ancienne de mes histoires dont je n'étais pas du tout satisfait car elle s'éloignait trop de ce que je voulais faire passer. Cette fois-ci elle correspond bien mieux à la vision que j'en avais. Cette histoire est avant tout une "private joke", qui sera comprise seulement par celui ou celle qui sera de quoi je parle.

mardi 30 décembre 2025

"L’Étrange Affaire de Lómëthel"

L’amphithéâtre de l’Université de Brathild était plein à craquer.

Étudiants, professeurs, érudits de passage tous attendaient le récit de la fameuse expédition de Greda Tresse-de-Fer dans la mystérieuse forêt de Lómëthel.

Après une heure de récit passionné. Elle posa son carnet, ajusta ses lunettes rondes, prit une grande inspiration. 

- Avez-vous des questions ? Dit-elle calmement en s'adressant à la salle.

Un étudiant leva la main.

- Maître Tresse-de-Fer, comment vous êtes-vous échappée exactement ?

Greda sourit. Elle attendait cette question.

- Eh bien, dit-elle, par chance et par opportunité. Il se trouve que les chevreuils sacrifiés dont j’avais modestement demandé un morceau pour étude était contaminé par... eh bien, par quelque chose. Un parasite ? Un champignon ? J’avoue ne pas avoir eu le temps d’analyser.

La salle retint son souffle.

- Tous les elfes de la clairière tombèrent malades. Très malades. Grâce à ma physionomie robuste,  nous autres de mon peuple avons des estomacs beaucoup plus résistants. Je fus certes affectée, mais nettement moins qu’eux. J’ai pu m’enfuir pendant, disons... pendant une série d’allers-retours très urgents qu’ils avaient à faire entre les buissons.

L’amphithéâtre explosa de rire.

Un étudiant, hilare, lança :

- Donc vous avez vu des elfes déféquer ? Ce qui n'avait jamais été observé auparavant.

Greda leva les yeux au ciel.

- Croyez-moi... j’aurais préféré ne rien voir.

Même les professeurs riaient.

- Bien, dit-elle en reprenant son sérieux. Revenons à notre sujet. D’autres questions ? Oui, vous, le magicien en gris.

Un homme immense se leva.

Taille déraisonnable, barbe argentée, yeux perçants et une robe grise impeccable.

- Madame, dit-il d’une voix calme, êtes-vous certaine d’avoir aperçu un nécromancien ?

- Aperçu est bien le mot, répondit Greda. Une fraction de seconde. Une silhouette qui se dissipe. Je ne peux rien jurer...

...mais entre vous et moi ? Oui.

Un frisson passa dans l’assemblée.

Le magicien hocha la tête, grave.

La conférence se termina dans un applaudissement général.

Le magicien la rattrapa dans le couloir.

- Maître Tresse-de-Fer.

- Oui ?

- Si ce que vous avez vu est réel, le retour d’un nécromancien elfe serait une affaire sérieuse. Je dois me rendre sur place pour enquêter.

- Je suppose que vous voulez que je vous y conduise ? demanda Greda, déjà résignée.

Il répondit avec un sourire calme :

- Vous êtes aventureuse, mais ce ne sera pas nécessaire. Une simple indication sur une carte me suffira.

Greda soupira, moitié soulagée, moitié déçue.

- Je vous donnerai des nouvelles.



lundi 29 décembre 2025

"Les Ombres de Lómëthel"

La rumeur avait commencé comme un murmure parmi les érudits :

la résurgence d’une secte elfique disparue depuis des siècles, au cœur de la forêt de Lómëthel, « le Bois du Crépuscule ».

Greda Tresse-de-Fer, spécialiste des pratiques religieuses de la Terre du Milieu, n’avait pas hésité longtemps.

Un culte secret, ancien, possiblement dangereux ?

Parfait pour une thèse et pour satisfaire sa curiosité insatiable.

Elle était persuadée que son statut de chercheuse, affiché fièrement sur un parchemin officiel, serait suffisant pour écarter tout malentendu. Les elfes, après tout, étaient raffinés, raisonnables et civilisés.

La forêt de Lómëthel baignait dans une lueur violette. Les arbres semblaient chuchoter entre eux. Greda avançait, carnet en main, quand deux silhouettes glissèrent entre les troncs.

Des elfes, mais d’un genre qu’elle n’avait jamais vu.

Leurs yeux étaient sombres et leurs armes portaient des symboles inquiétants.

- Qui va là ? demanda le premier, un mâle élancé.

- Je me nomme Greda Tresse-de-Fer, chercheuse indépendante. Je viens enquêter sur...

- Silence, trancha-t-il.

La seconde, une elfe aux cheveux argentés, la contourna et la désarma sans effort.

- Rendil, dit-elle au mâle, c’est une intruse. Peut-être une espionne d’Imladris.

- Je ne suis absolument pas une espionne, protesta Greda. Je suis universitaire. Je travaille sur les cultes minoritaires de la Terre du Milieu.

- Tu répondras devant la Communauté de la Nuit, murmura l’elfe nommée Varda.

On la guida à travers la forêt, sans ménagement mais sans cruauté gratuite.

Entre les arbres, plusieurs elfes ou ce qu’il en restait pendaient, suspendus par des lianes noircies. Leurs visages étaient paisibles, presque endormis, mais visiblement sans vie.

- Des traîtres ? demanda-t-elle avec un ton professionnel qui surprit même Rendil.

- Des renégats, répondit-il.

- On les a offert à Morilossë, dit Varda, d’une voix rêverie.

- Morilossë ? Le nécromancien ?

- Notre maître et guide. Le plus ancien des vivants.

Greda nota mentalement : secte nécromantique elfe, structure hiérarchique, rites punitifs. Très intéressant.

La clairière apparut enfin : une assemblée de tentes noires, un autel de pierre obsidienne, et une statue représentant une silhouette encapuchonnée tenant une flamme bleutée.

Des dizaines d’elfes de la Communauté de la Nuit se retournèrent vers elle.

Le silence fut lourd, pesant, presque palpable.

- Laissez-moi m’expliquer, dit Greda. Je suis venue pour étudier votre cul...

- Silence. Observe, ordonna Rendil.

Elle obéit. Après tout, c’était ce qu’elle était venue faire.

On apporta trois animaux, des chevreuils, soigneusement ornés de runes.

Les prêtres psalmodièrent en elfique archaïque.

Le couteau sacré trancha les gorges.

Le sang fut recueilli dans une vasque de pierre.

Les chants se transformèrent en hurlements gutturaux.

Un frisson traversa la clairière : une silhouette brumeuse sembla prendre forme au-dessus de l’autel.

Un instant, juste un instant Greda crut voir un visage pâle aux yeux sans pupille.

Puis tout disparut.

Elle sortit son carnet, calmement.

Les prêtres découpèrent les carcasses avec une précision presque chirurgicale. La viande fut triée, salée et disposée dans des paniers.

Greda leva la main comme en salle de cours.

- Pardon. Euh... une question. Qu’est-ce que vous faites de la viande, après le sacrifice ?

- On la mange, dit Rendil.

Greda cessa d’écrire.

Elle les fixa, mi-intriguée, mi-fascinée.

- Vous mangez de la viande ?

- Sanctifiée par Morilossë.

- Je suis décontenancée. J'ai vue des tas de choses dérangeantes aujourd'hui, mais là je suis choquée. Je n'avais encore jamais entendue parlé d'elfes omnivores. Ceci va bouleverser plusieurs études sur les espèces.

Elle marqua une pause.

Puis, avec un sérieux absolu :

- Je peux en avoir un bout ?



dimanche 28 décembre 2025

"Le Culte Inavouable des Profondeurs"

La bibliothèque de la Montagne Solitaire sentait la poussière ancienne, l’encre sèche et la crainte.

Car lorsqu’un archiviste nain voit une chercheuse approcher, il sait que quelque chose, quelque part, va finir dans une thèse et généralement, c’est mauvais. Le statu quo est toujours privilégié.

Greda Tresse-de-Fer descendait les escaliers raides, les bras chargés de parchemins, quand le vieux bibliothécaire Barimgar surgit devant elle, rouge comme une tomate.

- Pas ce parchemin ! s’exclama-t-il en lui arrachant un registre des mains.

- Pourquoi ? Il est répertorié dans la section Us et Coutumes.

- Oui mais pas les nôtres. Enfin si. Mais non. C’est compliqué.

- Donc il est interdit ?

- Non ! Il n’est pas interdit. Il est totalement inintéressant. Voilà. Inintéressant et inutile. Aucun intérêt universitaire. Aucun.

Il souriait d’un sourire crispé qui disait exactement : "si tu l’ouvres, je fais un malaise."

Greda plissa les yeux.

- Parfait. J'aime les choses sans intérêts.

Elle récupéra le registre d’un geste rapide et fila dans une salle de lecture avant que Barimgar n’ose l’attraper.

Le parchemin était couvert de rune anciennes, plus anciennes que les chroniques de la Guerre des Nains et des Orques.

Dès la première ligne, un avertissement :

"À CONSULTER SEULEMENT EN CAS DE FIN DU MONDE OU SI ON N’A VRAIMENT AUCUN CHOIX."

Je crois que je n'ai pas le choix. Ma curiosité l'emporte.

Greda ouvrit la première page.

Elle lut.

Puis elle murmura :

- Non c’est impossible... Les Nains n’ont jamais fait ça.

Et pourtant, noir sur blanc, il était écrit :

"Le Saint Culte du Grand Barbe-Écume, Maître de la Mousse Sacrée, Protecteur de la Bière Dansante."

Greda resta bouche bée.

Un culte de la mousse de bière ?

Elle continua, horrifiée et fascinée.

Rituel d’Initiation : “La Grande Barbulade”

Le novice plonge sa barbe dans un tonneau de bière moussante, pour prouver sa dévotion à la Mousse Originelle. La Première Mousse !

Elle s’étouffa.

- Ca ne doit pas être jolie à voir !

Elle tourna la page.

Rituel de Prière : "Le Chant Moussant"

Une hymne dont les paroles étaient :

"Que la Mousse soit Épaisse,

Que la Bière soit Chaude,

Que nos Barbes soient Humides

Et nos Gosiers toujours Satisfaits."

Greda posa le livre, se leva, marcha en rond.

- C’est un culte à la bière.

- Et pas n’importe lequel, dit une voix derrière elle.

Elle sursauta. Barimgar s’était faufilé dans la pièce, plus pâle qu’un elfe.

- Ce culte a presque détruit la société naine.

- Comment ça ?

- Les membres refusaient de boire de la bière plate.

- Ce n’est pas un crime !

- SI ! hurla Barimgar. Chez nous, c’est un CRIME ! Ils étaient ivres morts du matin au soir. Ils provoquaient des émeutes dans les tavernes ! Ils renversaient les tonneaux qui ne moussaient pas assez ! Et surtout ils ne pouvaient plus travailler à la mine.

- Oh !

- On les appelait les Moussards Fanatiques.

- Charmant.

Barimgar s’agrippa à sa manche.

- Greda s’il te plaît, n’écris pas ça dans ta thèse.

- Pourquoi ? Ce n'est pas bien méchant !

- Parce que si les autres peuples apprennent que nous avons vénéré de la mousse, nous allons perdre toute crédibilité. Les Elfes vont se moquer de nous pendant mille ans. Les Hobbits vont écrire des chansons. Et les Hommes, les Hommes vont ouvrir des tavernes à thème !

Greda écarquilla les yeux.

- Des tavernes moussantes, c'est plutôt positifs ?

- Avec des spectacles. Des reconstitutions. Des lancés de nains. Nous serions humiliés.

Un silence glacial s’abattit entre eux.

- Bon, conclut Greda, après tout ce n'était qu'un groupe de pochtrons.

- Tu vas t'abstenir ? demanda Barimgar.

- Oui ! Il y a effectivement certaines informations qu'il faut garder sous silence.



samedi 27 décembre 2025

"Les Trolls Pensants"

Depuis quelque temps, Greda Tresse-de-Fer, brillante ethnologue naine, au carnet de notes toujours gonflé de découvertes douteuses, recevait des rumeurs étranges concernant les contreforts brumeux des Monts Brisés : des trolls qui philosophent.

Pas des trolls qui grognent. Pas des trolls qui fracassent.
Non. Des trolls qui pensent.

Ça, c’était nouveau.

Elle avait d’abord éclaté de rire quand un marchand du Val lui avait parlé d’une secte troll nommée La Réflexion Profonde. Puis elle avait réalisé que, malheureusement ou heureusement, c’était exactement le genre de phénomène religieux qu’elle devait aller voir de ses propres yeux.

La voilà donc en route, sac au dos, gourde à la ceinture, progressant dans une vallée où même les oiseaux semblaient éviter de chanter trop fort.

A la tombée de la nuit, elle tomba sur un troll assis au milieu du chemin.

Il avait une peau grisâtre, le front plissé comme une montagne ancienne, et un crâne dans ses mains, qu’il contemplait avec une intensité dramatique.

Greda s’arrêta.

Le troll leva lentement la tête et déclara, d’une voix grave et étonnamment articulée :

- Être pierre ou ne pas être pierre, telle est la question.

Greda nota mentalement : “Cas problématique. Sera peut-être utile pour un article.”

Elle s’éclaircit la gorge.
- Excusez-moi. Je cherche la communauté des Trolls Pensants.
Le troll se redressa avec dignité.
- Je suis Brokh-le-Contemplateur, disciple du Grand Crâneur. Êtes-vous venue pour méditer ?
- Pour observer, précisa-t-elle. Strictement pour observer.
- C’est faire preuve de sagesse que de vouloir apprendre, répondit-il d’un air profond.

Il lui fit signe de s’asseoir sur une pierre plate face à lui. Elle obtempéra, un peu méfiante.

- Vous tenez un crâne, nota-t-elle prudemment.
- Oui. C’est mon crâne de méditation. 
- Une de vos victimes ?
- Oui.. Il m’aide à réfléchir sur la nature de la vie et de la mort.
- Oh... et qui était-ce ?
- C’est le crâne d’un marchand. Un excellent philosophe, je crois. Il a crié de très bonnes questions.
- Comme "Pourquoi faites-vous ça ?" ou "Qui peut m'aider ?" Je suppose !
- Entre autres cris de détresse ! 

Greda décida d’éviter tout commentaire.

- Et qu’enseigne votre secte, exactement ?
- Le Grand Crâneur nous apprend que penser, c’est dépasser notre condition de pierre-vivante.
- Pierre-vivante ?
- Oui ! Nous sommes pierre, et pourtant nous marchons. C’est un paradoxe. Donc nous devons chercher la Vérité jusqu’à ce que la lumière du soleil nous pétrifie pour de bon.

Greda l’observa avec un mélange d’admiration et de fatigue anticipée.

- Vous faites de la philosophie jusqu’à l’aube ?
- Toujours. Nous n’avons peur que d’une chose :
Le troll frissonna.
- Les matins ensoleillés.
- Logique, puisque la lumière vous transforme en pierre, admit Greda.

Brokh se pencha vers elle.

- Vous devriez rencontrer le Grand Crâneur lui-même. Il peut rester éveillé toute une nuit sans écraser personne avec sa massue par inadvertance. Un sage rare.

Elle hocha la tête.

- Je crois que cela va beaucoup m’aider pour ma recherche.
- Oh ! s’écria Brokh. Vous êtes une Chercheuse !
- En effet.
- Alors vous êtes l’une des nôtres. "La Réflexion Profonde" vous accueillera comme une roche-sœur.

Brokh se leva, lui fit signe de le suivre, et ajouta avec solennité :

- Venez. La nuit tombe. Les discussions sur l’existence vont commencer. Et ce soir, nous aborderons le Paradoxe du Caillou et du Crâne.

Elle soupira, referma son carnet et murmura :

- Je sens que cette nuit va être assommante.