jeudi 10 septembre 2015

"Chapitre IX : Une Fleur, Un Nom, Un Évitement Stratégique"

Le raid vers la Couronne de Glace devait être une formalité. Une zone reculée, gelée, autrefois infestée de démons, aujourd’hui surtout connue pour ses fleurs à vendre et ses quelques pingouins à étriper pour s’échauffer.

- On se refait la main, disait Alcibiade, la voix calme, les bottes crissant dans la neige. Rien de glorieux. Juste histoire de retrouver le goût du terrain.

Le groupe avançait lentement. Ypoons chantonnait faux, Maryse lançait des fléchettes sur la faune locale, et Metal-Grid flottait toujours légèrement au-dessus du sol, sans s’en rendre compte.

C’est là qu’ils la virent.

Seule, debout dans le givre, une jeune femme observait une fleur des glaces, magnifique, éclatante, posée au milieu de nulle part, comme une offrande gelée. Elle ne bougeait pas. Pas un souffle.

Alcibiade s’arrêta à sa hauteur.

- Tu ne la ramasses pas ?

Elle secoua doucement la tête.

- Non. J’ai pas le niveau requis pour manipuler ce genre de fleur. Elle peut te geler les doigts si tu n’as pas l’aura magique minimale. Toi, tu peux la prendre.

Alcibiade haussa un sourcil et se mit à rire.

- Comment tu t’appelles ?

- Je m’appelle… Entrepôt.

Silence dans le groupe. Alcibiade cligna des yeux.

- Pardon ?

- Entrepôt, répéta-t-elle. Je gérais un entrepôt pendant des années. Mais personne ne retenait jamais mon vrai nom, alors tout le monde m’appelait comme ça. C’est resté.

Ypoons étouffa un rire. Maryse leva les yeux au ciel. Alcibiade se pencha, cueillit la fleur sans effort, puis la lui tendit.

- Dis-moi, Entrepôt. Tu veux rejoindre notre guilde ? On a besoin de sang neuf. Et puis… on n’a personne pour gérer notre inventaire. Tu serais parfaite.

Elle haussa les épaules, presque amusée.

- C’est toute l’histoire de ma vie. J’accepte.

Alcibiade sourit.

- Bienvenue dans Mini-soucy, Entrepôt.

Ils reprirent la route, le soleil glissant sur les glaces bleutées comme une bénédiction discrète. Quelques minutes plus tard, un regroupement étrange se dessina à l’horizon.

Des individus en formation serrée, capes assorties, postures rigides… et surtout, un détail troublant : tous portaient des étiquettes cousues à la main sur la poitrine. Des noms. Tous commençaient par Lèche.

- Tu les connais ? demanda Alcibiade, méfiant.

Entrepôt acquiesça doucement.

- Oui. C’est la Guilde de LèchePied. Un type étrange. Il oblige tous ses membres à se rebaptiser. Là-bas, je reconnais LèchePectoraux et LècheMain. Ils sont obsédés par la hiérarchie, la soumission, et les uniformes qui grattent.

- Charmant, souffla Maryse.

Alcibiade observa le groupe un instant. Puis, sans hésitation :

- Bon. Dans ce cas… faisons comme si on ne les avait pas vus.

Le groupe bifurqua sans un mot, tous les regards droits devant.

- Sage décision, approuva 95 Lion. Je n’aurais pas supporté de devoir m’appeler LècheFlamme.

- Ou LèchePinguoin, murmura Ypoons.

Le rire monta doucement dans la troupe, brisant le froid, et pour la première fois depuis longtemps, Alcibiade sentit un vrai début de cohésion. Ça ne faisait que commencer… Mini-soucy était en route.



(moi entouré de LèchePied et de LècheManette, j'ai fait demi-tour et la scène avec Entrepôt est authentique également, sauf que je n'ai recruté personne)

mercredi 9 septembre 2015

"Chapitre VIII : Rappeler les Cendres"

Alcibiade avait mis la main sur la liste. Ou plutôt sur un vieux carnet jauni, tenu à jour par habitude plus que par espoir. Des noms. Des anciens. Des frères et sœurs d’armes.

Certains étaient morts. D’autres portés disparus. Mais quelques-uns… quelques-uns respiraient encore.

Il trouva Maryse dans une ruelle du quartier Repos du Dragon, accroupi sur un toit, son arc tendu vers un boutiquier qui criait un peu trop fort.

- Non je rêve, Alcibiade, s'exclama-t-il.

- Toujours théâtral, hein, Maryse ?

L’archer se retourna d’un geste fluide. Visage maquillé, robe de cuir noir, chapeau à plume.

- Je pensais que t’étais devenu moine.

- Ce n'est pas complètement faux ! Et toi, toujours sous couverture ?

- Bien sûr. Une femme attire moins l’attention, jusqu’à ce qu’elle tire entre les deux yeux.

Il descendit avec grâce, ajusta son corset imaginaire, puis tendit une petite cage étrange à Alcibiade.

- Cadeau. Pour remplacer Spock. Oui, j'ai appris sa mort. Je te présente Dino Vorex.

À l’intérieur, une petite créature reptilienne à la crinière orange grogna doucement. Taille d’un gros chat, regard vicieux, écailles bleutées.

- Il est un peu lunatique, mais loyal. Et il mord les chaussures.

Alcibiade sourit. Maryse, fidèle à lui-même, dans toute son étrangeté.

- Rejoins Mini-soucy ma nouvelle Famille.

- J’aime le nom. Ça me parle. Compte sur moi.

Deux jours plus tard, au détour d’une taverne en bord de l'eau, il retrouva 95 Lion.

Toujours vêtu comme un prince, les cheveux longs noués, entouré de trois jeunes femmes qui semblaient suspendues à ses moindres mots.

- Alcibiade, vieux débris ! dit-il en se levant, bras ouverts. Voilà dix ans que je bourlingue, mais pas un jour sans qu’on me parle de toi.

- Et tes 95 maîtresses ?

- Toujours en rotation. J’ai arrêté de compter. Mais toi, tu comptes toujours pour moi.

Il l’embrassa à la façon du Nord, puis s’assit.

- Tu me veux pour une guilde, c’est ça ?

- T’es toujours aussi bon ?

Lion leva la main. Une boule de feu dansa entre ses doigts.

- Je suis meilleur. Et je suis avec toi.

Plus tard, dans une bibliothèque reculée du Camp Marchand Ouest, Alcibiade croisa Metal-Grid, un magicien qu’il n’avait connu que sur les derniers mois de l’ancienne guilde. Discret, appliqué, mais sans éclat à l’époque.

Aujourd’hui, il flottait à un mètre du sol, entouré de livres de héros oubliés qui lévitaient autour de lui.

- Alcibiade. Je m’attendais à te voir un jour.

- Tu as progressé.

- Je travaille. Beaucoup.

- Envie de remettre les pieds sur un vrai terrain ?

Metal-Grid sourit, un sourire rare mais profond.

- Si Lion est avec toi, je viens aussi. On se complétera.

Dans un champ, Alcibiade aperçut un vieil homme en train de tirer à l’arc sur des Poules et des Danders. Il avait le dos voûté, la barbe touffue, et l’air de quelqu’un qui préférait ne pas être dérangé.

- Joe Lamoule ?

L’homme tourna la tête.

- Ce nom est mort. Appelle-moi Merguez. Moins de problèmes avec les autorités.

- Je me fous de ton nom. Je veux ton arc. Je vois que tu n'es plus escrimeur.

Un silence.

- T’as une guilde ?

- Oui ! Tu veux en être ?

Merguez souffla longuement par le nez, décocha une autre flèche.

- T’en as d’autres avec toi ?

- Maryse. Lion. Metal-Grid. Ypoons bientôt !

- Bon sang… C’est reparti, hein ?

Il s’étira et ramassa son carquois.

- Alors c’est oui. Mais je resterai en arrière je ne veux pas qu'on me reconnaisse. 

- Marché conclu. Tu ne sera pas sur la photo de famille.

Le groupe commençait à se reformer. Différents. Cabossés. Mais là. Vivants. Prêts.


(Maryse m'offrant un Dino Vorex ; Joelamoule est effectivement devenu Merguez ; 95Lion n'a pas 95 maîtresses mais il est du 95 ; Metal-Grid était bien un jeune mage de la dernière année no-soucy)

mardi 8 septembre 2015

"Chapitre VII : Affûter les Lames"

Le lendemain, Alcibiade descendit tôt dans la rue principale, seul cette fois. Chapeau de singe, pas d’armure. Juste son vieux apparat de commandant, usée, mais encore solide. S’il devait reconstruire une guilde, il devait d’abord se reconstruire lui-même, ou du moins, s’équiper pour l’époque.

Première étape : la Forge de Théoman Topp.

- Alcibiade ? Par tous les esprits du Mont Krem ! Je croyais que t’étais mort !

Théoman, le forgeron, descendit de son tabouret de battage, les bras pleins de suie, le rire sec et sincère.

- Mort ? On ne l'est jamais vraiment, grogna Alcibiade.

Il posa son épée sur l’établi. Une lame épineuse, moderne il y a dix ans, aujourd’hui fendue, avec un tranchant qui chantait faux.

- Réparable ?

Théoman haussa les épaules.

- Oui, mais pas sans risques. Et puis elle sera plus lente et moins équilibrée que les nouvelles.

- Tu peux m'en trouver une ?

- Je peux faire ça. Une épée magique de Bélial ou un Pourfendeur de dragons. Mais c’est pas donné.

- L’argent n’est pas un souci. Mais je veux le meilleur prix quand même.

- T’as pas changé. Très bien, l'épée de Bélial est à la mode et tu as le niveau requis pour la maîtriser. C’est pas clinquant, mais ça tranche net. Je te la monte en cinq jours.

Alcibiade hocha la tête. Il choisit aussi une armure de cuir en écailles de dragon et une arbalète du roi des bêtes.

Ensuite, direction la place du marché. Il y trouva un stand tenu par une jeune aventurière aux cheveux bleus :

- Potions, amulettes, parchemins, graines de pouvoir ! Du neuf, du légal et du presque légal !

- Qu’est-ce qui est nouveau ?

Elle haussa les épaules :

- Des titres tapes à l’œil. Des potions de guérison totales. Des décorations pour les armes. Ou encore des fusions de costume.

- Je prends le titre de Templier, dix potions totales et cinq parchemins de protection.

Il acheta aussi un anneau céleste capable de réduire les coups critiques, un costume de sorcière glaçon et des chaussures de seigneur dragon.

Enfin, il se dirigea vers la liste des raids, le centre névralgique de l’information.

Il consulta les données les plus récentes :

Un raid roi du Poulet sans intérêt. Un Valakus roi des flammes qu'il avait déjà fait et enfin vaincre un Dragon zombie de Valehir dont il n'avait jamais entendu parlé.

Puis il consulta le classement des Guildes dominantes du moment :

Les Météora. Les Panthéon. Les Pyjama Warrior. Les Medellin. Et les Red Dwarf.

Aucune de ces guildes ne ressemblait à ce qu’avait été la sienne. Elles étaient puissantes, oui, mais… Guerrières, Froides. Marchandes. Ennuyeuses. Il n’y avait plus cette flamme, ce goût d'indépendance, ce truc presque naïf qu’avait été la vieille Famille d’Alcibiade.

Il prit des notes, demanda quelques contacts, puis sortit du Cercle du temps.

Il avait ses armes, ses infos, ses choix.

Restait à recruter. Des vrais. Des gens avec du cœur. Du courage. Et peut-être même un peu de folie.


(moi achetant l'épée de Bélial et l'équipement comme indiqué dans l'histoire)

lundi 7 septembre 2015

"Chapitre VI : Mini-soucy"

Le soleil tapait doucement sur la pelouse de la cour centrale de Nosville. Alcibiade s’arrêtait parfois, les bras croisés, le regard perdu dans le vide. Depuis deux jours, une idée le rongeait. Ou plutôt… une sensation. Celle que quelque chose pouvait encore être reconstruit. Que tout n’était pas terminé.

Le nom de la Guilde ancienne lui pesait encore sur le cœur. Mais c’était du passé. Il n’allait pas la refaire à l’identique. Non. Cette fois, ce serait autre chose. Une nouvelle forme. Un nouveau souffle.

Il gravit les marches du bâtiment administratif avec la même énergie que lorsqu’il montait à l’assaut d’un raid.

Derrière un bureau croulant sous les parchemins, Mimi Mentor levait les yeux. Elle portait sa coiffure serrée comme un casque et ses lunettes comme une arme.

- Alcibiade. Voilà un nom qu’on n’entend plus trop. Que me vaut cette apparition soudaine ? Vous avez une plainte ? Un différend à l'arène ? Un certificat de propriété à déposer ?

- Je viens créer une Famille, enfin une guilde quoi, dit-il en s’asseyant sans y être invité.

Mimi haussa un sourcil.

- Vous êtes au courant qu’il faut deux assistants minimum pour déposer une demande de Guilde, j’imagine ?

- Au diable le règlement. Vous savez qui je suis.

- Justement, dit-elle en ajustant ses lunettes. Et c’est précisément pour ça que je ne fais pas d’exception. Les règles sont les règles. Même pour les ex-légendes.

Un silence. Alcibiade grimaça, se leva lentement.

- Très bien. Je reviendrai.

Moins de deux heures plus tard, il poussait à nouveau la porte du bureau de Mimi Mentor, cette fois accompagné de deux individus un peu trop bien habillés pour être honnêtes.

- Voici mes partenaires. Orionis, marchand de potions... à ses heures perdues. Et Salusa, ancien espion repenti. Plus ou moins.

Les deux hochèrent poliment la tête.

Mimi les observa longuement, puis leva les yeux vers Alcibiade.

- Comment voulez-vous appeler votre guilde ?

- Mini-soucy.

Elle resta un instant figée.

- Vraiment ?

- Oui. Le nom est ironique. Et simple à retenir.

- C’est vous qui voyez, soupira-t-elle en sortant les formulaires.

Elle posa trois parchemins sur le bureau.

- Signez là… là… et là.

Ils signèrent. L’encre avait à peine séché qu’Alcibiade rangeait déjà son exemplaire dans sa cape.

Mimi leva un doigt.

- N’oubliez pas : vous avez un mois pour enregistrer une première mission reconnue. Passé ce délai, la Guilde sera dissoute.

- Je connais les règles, Mimi.

- Cette fois, respectez-les.

Alcibiade sortit, les deux prête-noms derrière lui.

- Vous n’aurez rien à faire, leur dit-il. Juste être là. Je m’occupe du reste.

Ils hochèrent la tête. Ce n’était pas la première fois qu’ils faisaient office de signatures décoratives.

Sur le seuil, Alcibiade leva les yeux vers le ciel clair.

Mini-soucy.

Un drôle de nom, peut-être. Mais qui en dit long. Et parfois, il n’en faut pas plus pour rallumer quelque chose.


(moi le chef de Mini-soucy, remplaçant la grande no-soucy, ici avec une de mes mules Orionis vendeur en tout genre ; Salusa, ancien espion infiltré dans d'autres familles, est mon autre mule qui m'a servi pour créer Mini-soucy comme prête nom)

dimanche 6 septembre 2015

"Chapitre V : Ce Qui Tient Un Groupe Debout"

Le matin filtrait doucement à travers les volets mal fermés de la chambre de l’auberge. Alcibiade était déjà réveillé. Il n’avait pas dormi longtemps, mais suffisamment. Il était du genre à n’avoir jamais eu besoin de beaucoup de repos. L’habitude des bivouacs, des veilles. Des nuits trop courtes entre deux combats.

Ypoons entra sans frapper, les yeux rouges, la barbe en bataille, une chope de café noir à la main.

- Je me sens comme si j’avais été piétiné par un Slade Géant, grogna-t-il.

- C’est parce que t’as bu comme la Mère Cuby. Sans les glaçons.

- Mmm.

Il s’affala sur le fauteuil, but une gorgée, puis leva les yeux vers son vieil ami.

- Dis… La Guilde… Qu’est-ce qu’elle est devenue ?

Un silence. Pas long, mais dense.

- Tu veux vraiment savoir ?

Ypoons acquiesça lentement.

Alcibiade s’assit face à lui, mains croisées sur la table.

- Quand je suis parti, je l’ai confiée à Orge.

- Le môme ? Le grand costaud avec la cicatrice à la lèvre ?

- Celui-là. Il avait tout. La technique, les réflexes, la force brute. Meilleur que moi à l’épée, sans hésitation.

- Et ?

- Et il l’a tenue trois mois. Pas plus.

Ypoons écarquilla un sourcil.

- Qu’est-ce qui s’est passé ?

- Ce qui se passe quand on confond puissance et leadership. Il savait se battre, mais il ne savait pas écouter. Il donnait des ordres comme on donne des coups. Il voulait des résultats, pas des hommes. Résultat : la Guilde s’est fissurée de l’intérieur. Deux missions ratées. Une embuscade. Une mutinerie. Et c’était fini.

Ypoons soupira.

- Il avait beau être plus fort que toi… il n’avait pas ton charisme ni ton sens du groupe.

- La force ne fait pas tout, dit Alcibiade en regardant par la fenêtre. Il faut savoir quand parler, quand se taire. Quand rassurer, quand frapper. Un chef, c’est celui qui passe le dernier à table, mais le premier à prendre les coups. Orge… lui, il voulait être parmi les meilleurs. Moi, j’étais le ciment.

- Et les autres ? Les anciens ?

- Éparpillés. Certains sont devenus mercenaires. D’autres se sont rangés. De temps en temps, j’en croise un. Un regard dans la foule, une poignée de main dans une ruelle, un souvenir au fond d’un verre. Et ils me disent tous la même chose : "T’étais un bon chef, Alcibiade. T’étais juste." Et ça… ça suffit à me faire tenir.

Ypoons baissa les yeux. Il traça un cercle invisible sur la table du bout du doigt.

- Tu sais… j’ai jamais vraiment compris à quel point cette Guilde comptait pour toi. J’ai toujours pensé que c’était juste un rôle, une mission.

- C’était ma Famille. La seule que j’avais choisie.

Un long silence. Pas triste. Pas lourd. Juste... plein.

Puis Ypoons souffla, un sourire amer au coin des lèvres :

- T’as jamais pensé à la reconstruire ?

Alcibiade ne répondit pas tout de suite. Il regarda dehors, vers la rue qui s’éveillait. Des enfants couraient derrière un petit mouflon. Une femme ouvrait un magasin. Un mendiant chantait faux au milieu de la place.

- J’y ai pensé, dit-il enfin. Mais c’est pas le moment. Pas encore.

Ypoons se redressa, vida le fond de sa tasse et dit en se levant :

- Alors le jour où c’est le moment… tu sais où me trouver.

Et il sortit, la démarche déjà plus alerte.



(moi croisant Orge des années après qu'il est fait crasher no-soucy puis vendu la Famille et finalement en faire une autre)

samedi 5 septembre 2015

"Chapitre IV : Bières et Absences"

L’auberge du Renard Faible n’avait pas changé. Même plafond bas, mêmes tables bancales, mêmes clients douteux. Une bougie clignotait au centre de la salle, luttant contre l’odeur persistante de bière renversée et de viande trop grasse.

Alcibiade et Ypoons avaient choisi une table dans le fond. Celle près du mur de pierre, où personne n’écoutait jamais.

- Deux pintes ! hurla Ypoons avant même de s’asseoir. Et que ça mousse !

- Un verre d'eau pour moi, les deux pintes sont pour lui, lança l'escrimeur au tavernier en rigolant.

- Tu te crois drôle ? J’ai survécu à Kertos le chien démon, pas à tes blagues, répliqua Ypoons.

Alcibiade sourit en coin. Il se contenta d’une chope, comme toujours. Le vin était pour les victoires. La bière, pour les souvenirs.

Ypoons leva sa pinte comme on lève une hache.

- À nos bêtes, dit-il.

- À nos bêtes, répondit Alcibiade.

Un silence. Puis un autre toast, lancé sans prévenir :

- Et à Youyou, la grande magicienne du Nord, reine des sorts et des portes claquées !

Alcibiade grimaça. La gorgée s’arrêta à mi-parcours.

- Hm, pourquoi pas après tout !

- Haut les cœurs, cria le magicien. 

Ypoons vida la moitié de sa chope d’un trait. Il enchaîna aussitôt :

- Elle était toujours accrochée à toi. Toujours la main sur ton bras, toujours les yeux sur ton épée. Moi, j’avais l’impression d’être de trop quand vous étiez là. C’était beau, tu sais. C’était même un peu chiant à la longue, mais beau.

Alcibiade fixa sa bière.

- Elle est partie du jour au lendemain. Un matin, plus de robe dans le tiroir. Juste un mot : "Tu mérites mieux". Rien de plus. Pas un sort. Pas une trace. Même ton Gandalf n’a jamais pu la localiser.

Ypoons fit une moue triste.

- Elle t’aimait à sa façon.

- T’étais mieux avec Shanaelle.

Le magicien se redressa, haussa les épaules.

- C'est ce que je croyais. Mais c’était différent. Elle te regardait comme on regarde un feu de camp : à distance, avec prudence. J’ai jamais su si elle m’aimait vraiment ou si j’étais juste un refuge entre deux tempêtes.

- Elle t’a aimé aussi !

- Peut-être. Mais moi, je buvais déjà trop. Je voulais rire, elle voulait penser. Elle traçait des flèches parfaites dans le vent, et moi je chantais faux à trois mètres du sol. Elle est partie. Il faut passer à autre chose. 

Ypoons fit tourner sa chope. Il en recommanda une autre d’un geste.

Alcibiade posa son regard sur la mousse dorée de sa chope.

- Je ne regrette rien.

- Moi non plus après quelques bières.

Ils trinquèrent encore une fois, sans raison. L’ivresse montait pour l’un, la nostalgie pour l’autre.

Ypoons posa une main sur l’épaule d’Alcibiade.

- On a perdu des gens, mon vieux. Des bêtes, des femmes, des batailles. Mais on est encore là.

- Et on n’est pas seuls ce soir.

Ils restèrent là, longtemps, à parler bas, à rire un peu, à se taire souvent. L’auberge s’endormait lentement autour d’eux, mais eux deux, ils veillaient encore.



(moi et youyou alors que ypoons parle de son chien pour changer)

vendredi 4 septembre 2015

"Chapitre III : Ce Qu'on N'oublie Pas"

Le matin était frais, et le vent soufflait doucement dans les feuilles du chêne. Alcibiade avançait d’un pas lent mais sûr, sa lourde épée attachée dans le dos plus par habitude que par nécessité. À côté de lui, Ypoons marchait, appuyé sur son bâton, le manteau relevé jusqu’au menton.

Ils n’avaient pas dit un mot pendant les premiers pas.

Puis Ypoons sourit, l’air de rien :

- Tu te souviens de la Corne ?

Alcibiade leva un sourcil.

- Tu parles du monstre de feu ? Le truc qui rôtissait des familles entières en une expiration ?

- Exactement. Et tu te souviens comment on a évité de finir en torches humaines ?

Alcibiade éclata de rire, le genre de rire qui ne sortait plus très souvent.

- Je m’en souviens surtout parce que c’est toi qui as hurlé "en arrière !" au moment où j’allais faire barrage avec mon corps pour bloquer le souffle de feu. Et que c’est Spock qui m’a tiré par une botte pour me forcer à t’écouter.

Ils riaient maintenant, plus fort, comme s’ils faisaient fuir les fantômes.

- Et le Morcos ? reprit Alcibiade, avec un rictus. Ce demi-monstre qui t'écrasait si t’étais à moins de deux coudées.

Ypoons fronça les sourcils, faussement concentré.

- On avait trouvé un rythme parfait. Mains levées, en arrière. Main baissées, en avant. On aurait dit une danse entre un escrimeur constipé et un mage stressé.

- Tu te foutais de moi pendant tout le combat, jusqu’à ce que le Morcos te chope la manche. Et là, bizarrement, t’as arrêté de rigoler.

Ils s'arrêtèrent un instant. Le vent portait une odeur de terre humide et de mousse ancienne.

- Et le Hatus ? souffla Ypoons.

Le rire s’éteignit un peu. Le Hatus, l’Œil Unique. 

- Celui qu’on ne pouvait pas regarder trop longtemps sans se faire cracher à la gueule par ses Serpents.

- Et il y avait toujours des retardataires qui demandaient grâce : "Non ne le tuez pas, j'arrive !". 

Un silence passa. Long. Respectueux.

Puis Alcibiade reprit, presque rêveur :

- Le Bérios… Tu te souviens du pognon qu’on faisait là-bas ? 

- On a gagné une fortune. Et on l’a perdue en pariant sur des armes et des armures.

Ils se regardèrent. Et pour la première fois depuis longtemps, ils avaient l’air jeunes.

Le chêne était là, majestueux, avec au pied deux pierres dressées. L’une gravée du nom d'un écureuil. L’autre, plus récente, ornée d’un trophée de chasse.

Ils s’assirent entre les deux.

- On était bons, dit Alcibiade.

- On l’est peut-être encore, répondit Ypoons.

- Et si on reprenait du service ? Juste un peu. Pour voir.

Ypoons hocha la tête.

- Si tu marches, je te suis.

Et quelque part, dans le vent, il sembla qu’un hurlement lointain se mêlait à un battement d’ailes.

 

(moi et ypoons triomphant du Hatus à l'œil unique)

jeudi 3 septembre 2015

"Chapitre II : Le Poids du Non-Dit"

Il n’avait pas répondu.

Mais deux jours plus tard, au milieu de la nuit, on frappa à la porte.

Pas comme un invité. Pas comme un ennemi non plus. Juste… trois coups secs, presque timides. Alcibiade posa son livre, fit craquer ses doigts et ouvrit.

Ypoons était là, une main sur sa canne, l’autre dissimulée sous sa cape. Ses yeux avaient le même bleu que les flammes de jadis. Moins vifs. Mais toujours là.

- J’ai reçu ton message, dit-il simplement.

Ils se regardèrent. Pas un mot de plus, pas encore. Puis Alcibiade s’écarta sans un mot, et Ypoons entra.

Ils s’installèrent dans le petit salon de pierre où brûlait un feu discret. Deux chaises, une bouteille de vin poussiéreuse, et un silence qui pesait comme une armure.

Ils burent. Lentement. Le vin était rugueux, mais il avait bon goût ce soir-là.

- Pourquoi maintenant ? demanda l'escrimeur.

Ypoons fixa les flammes.

- Parce que j’en avais assez de parler à des ombres. Et parce que Gandalf m’en aurait voulu de ne pas renouvelé une vieille amitié.

Un silence. Puis le vieux magicien sortit lentement de sa cape une petite boîte de bois. Il l’ouvrit. À l’intérieur, des poils de chien-loup marrons clairs, immobiles, intacte malgré les années.

Alcibiade la prit, sans un mot. Puis il hocha la tête, une fois. Lourdement.

- Reviens demain. À l’aube. On ira marcher du côté du chêne aux cinq lunes. Spock aimait cet endroit. Et toi aussi, je crois.

Ypoons sourit pour la première fois.

- Je viendrai.

Et ce soir-là, quand il repartit dans la nuit, Alcibiade laissa la porte entrouverte. Juste un peu.

Parce qu’il savait qu’il n’était plus seul à veiller sur les souvenirs.


(je lui avais crée une bannière pour un forum qui disait "c'est à boire à boire à boireeee, c'est à boire qu'il nous faut oh oh" ; je n'ai pas les réponses aux questions posées)

mercredi 2 septembre 2015

"Chapitre I : Ce Qui Reste du Feu"

Le vent soufflait bas sur le port de Nosville. Entre les ruelles de pierre usée, les lanternes vacillaient dans le crépuscule, comme si elles hésitaient à s’éteindre ou à s’enflammer. Alcibiade observait la place du vieux marché depuis les hauteurs de sa tour, une cape de laine posée sur ses larges épaules. Dix ans l’avaient éloigné du fracas des batailles, mais ses yeux de soldat n’avaient rien perdu de leur précision.

Il l’avait reconnu dès son arrivée. Ypoons marchait plus lentement qu’avant, le dos un peu voûté, mais l’aura restait intacte. Le feu bleu de son bâton brillait à peine, comme s’il voulait lui aussi éviter les regards.

L'Escrimeur inspira profondément. Depuis que Spock était mort, le silence lui tenait souvent compagnie. Spock, ce vieux bougre d’écureuil qui refusait de dormir ailleurs qu’à ses pieds. Il l’avait enterré au pied du chêne aux cinq lunes, là où le vent ne s’arrêtait jamais.

Il savait que Gandalf était mort lui aussi. Un chien-loup, immense, presque éternel dans leurs souvenirs de guerre. Il avait appris la nouvelle par un marchand de l’Est, qui parlait un peu trop quand il avait bu.

Ypoons n’était pas venu frapper. Il s’était contenté de passer, de laisser voir sa silhouette, de faire savoir qu’il était là. Le message était clair : « Je suis vivant. À toi de décider si ça compte encore. »

Alcibiade prit une plume. Son écriture n’avait jamais été belle, mais il savait que les mots avaient leur propre chevalerie.

Ypoons,

On dit que le deuil est plus facile avec le temps. Je ne suis pas sûr que ce soit vrai. Spock est parti l’an dernier. Depuis, il fait trop calme ici.

J’ai appris pour Gandalf. Il était plus que ton ombre. Il était la meilleure part de tes parties de chasses, comme Spock l’était de la mienne.

Je n’ai pas oublié la dernière fois. Ni les mots qu’on n’a pas eus. Ni ceux qu’on a trop dit.

Si tu veux parler, la porte est ouverte. Et si tu préfères le silence, je comprendrai aussi.

- Alcibiade

Il plia le parchemin sans le sceller. Ce genre de message n’avait pas besoin de cire, juste de vérité. Il le donna au jeune écuyer chargé de courir entre les tavernes de la ville.

Lorsque l’enfant franchit le seuil, Alcibiade se redressa et regarda à nouveau la place. Ypoons n’était plus là. Mais quelque chose dans l’air avait changé. Comme une tension qui cède. Comme une vieille blessure qui cesse de faire mal, juste assez pour tendre la main.


(moi, seul quelque part ; j'ai récemment appris, car ypoons m'a reprit en ami, la mort de Gandalf le chien de yppons qui est mort presque en même temps que mon propre chien qui ne s'appelait pas Spock mais Whisky)

mardi 1 septembre 2015

Ce qui Reste du Feu (de Nostale)

En 2025 pour m'amuser, car je dispose de temps pour le faire, j'ai écrit ce qu'aurait pu être mon retour sur Nostale 10 après. Certes je suis effectivement revenu en 2022 pour monter mon personnage 99+60 puis une seconde fois en 2024 pour monter +80. C'est dans ces deux retours que je puise l'inspiration de l'histoire ci-dessus. J'ai décidé de l'antidaté en septembre 2015 pour qu'il est y une continuité dans le contenu du blog. Nostale de 2010 à 2015 puis un journal de mes activités, mes pensées et des informations que je juge importantes de 2019 à 2025.

Je me suis limité à 17 chapitres mais j'aurai pu en ajouter beaucoup d'autres et je pourrai le faire si l'envie m'en prend. Il s'agit d'une histoire fictive sur un fond de vérité.