mercredi 10 décembre 2025

"Le réaliste borné"

« Encore tout seul ? »

« Évidemment. »

« Et pourquoi tu es toujours seul ? »

« Parce que je me dispute avec tout le monde. »

« Tu pourrais mettre un peu d’eau dans ton vin. »

« Et je pourrais aussi te mettre ma main dans la gueule. »

« Ah. Je vois que le cas est grave. »

« Comment ça grave ? Je dis ce que je pense, c’est tout. »

« Et en général ça ne plaît pas ? »

« Au début, si. Les gens aiment qu’on soit franc. Mais quand tu balances des vérités sans filtre encore et encore, ils finissent par s’éloigne, ou alors je les dégage carrément. »

« Et ça t’attriste ? »

« Pas du tout. Je préfère une vérité crue à un mensonge confortable. »

« Tu es un idéaliste. »

« Un idéaliste qui reste réaliste. J’appelle un chat un chat. »

« Et si ce chat pense qu’il est un chien ? »

« Qu’il le pense. Ça reste un chat. »

« J’imagine que c’est là que commencent tes disputes. Ces “chats” veulent qu’on valide leur vision, même si elle tient à peine debout. »

« Exact. Je ne suis pas un fan absolu de Kant, mais la vérité reste presque toujours le meilleur chemin. »




mardi 9 décembre 2025

"Satire de la tolérance absolue"

Sur la place publique, un petit attroupement s'était formé autour d'un homme tenant un panneau : "NON AUX SACRIFICES HUMAINS".

Une femme bien habillée, l'air sérieux et concerné, l'interpella :

- Vous croyez être malin avec votre pancarte ?

L'homme se tourna, surpris.

- Pardon ?

- Interdire les sacrifices humains, vraiment ? Et la liberté de culte alors ? Vous réalisez que c'est une pratique spirituelle millénaire pour les Aztèques ?

- Mais madame, on parle de tuer des gens !

- Monsieur, vous êtes un fasciste. Vous refusez à ces peuples le droit d’exprimer leur culture. Qui êtes-vous pour juger ? L’Occident a assez fait de mal comme ça.

- Ils arrachent le cœur des gens à mains nues !

- Justement. Peut-être qu'on a quelque chose à apprendre d'eux. Un peu d’humilité ne vous ferait pas de mal. Votre pancarte est une insulte à la diversité.

- Puisque vous les défendez autant, pourquoi vous ne vous portez pas volontaire pour leur prochain sacrifice ?

Elle cligna des yeux.

- Moi ? Mais... je suis très occupée. J’ai... un rendez-vous.

Et sans un mot de plus, elle tourna les talons, dépassa l'autel rituel où l’on affûta les couteaux, et disparut dans la foule.



lundi 8 décembre 2025

"Les Droits des Démons"

Un démon se présenta un jour au tribunal des hommes.

- Je suis ici pour réclamer mes droits. En tant que démon, je suis discriminé. Vous m’interdisez de posséder des gens, alors que c’est dans ma nature. C’est ce que je suis. Ce que je fais.

Le juge fronça les sourcils.

- Vous n’empêchez pas le lion de chasser la gazelle, n’est-ce pas ? Vous appelez ça l’ordre naturel. Et pourtant, dès que j’interviens, moi, on crie au scandale. Pourquoi ? Parce que je suis un démon ? 

Il marcha lentement devant la barre.

- Vous vous considérez comme des êtres privilégiés en dehors des lois naturelles. Moi, je fais partie de ce monde autant que vous. Par conséquent vous ne pouvez pas me reprocher mes actions. 

Il leva un doigt, sévère.

- Si je tue l’un des vôtres, vous parlez de crime. Moi, j’appelle ça l'ordre naturel des choses.

Il s’arrêta. Un silence glacé s’installa.

- Je ne demande pas qu’on m’aime. Je demande qu’on me respecte. Je veux la liberté d’agir selon ce que je suis, comme vous l’exigez pour vous-mêmes. C’est tout.

Et il se tut.

Le tribunal resta muet un moment. Puis le juge prit une décision.

- Soit ! Je vous déclare libre d’agir comme bon vous semble.

Sans attendre, le démon sauta sur le juge pour le déchiqueter avec des dents aiguisées comme des lames de rasoir.





dimanche 7 décembre 2025

"Les pensées d'un trône moderne"

Je suis des toilettes. Mais pas n’importe lesquels. Moi, je suis le trône de cette maison. Le siège de toutes les urgences, le confident des estomacs mal réglés, le compagnon des longues lectures et des profondes réflexions.

Et je peux vous le dire : j’adore quand on s’assoit sur moi avec respect. Qu’on me traite avec la dignité que mérite un objet de cette importance. Je ne suis pas qu’un simple trou dans la céramique, non monsieur. Je suis le dernier rempart avant la catastrophe.

J’aime les hommes au bon viseur. Ceux qui relèvent la lunette, qui font preuve de précision. Je les accueille avec fierté. Mais ceux qui en mettent partout ? Les asperseurs en série ? Les snipers de l’approximation ? Non. Ceux-là, je les maudis à chaque jet mal placé.

Je déteste qu’on oublie de tirer la chasse. Je ne suis pas une galerie d’exposition, je suis un lieu de passage discret et efficace. Un oubli = Une trahison.

En revanche, j’adore être propre. Le parfum citronné du nettoyant ? Un petit bonheur. Une fraîcheur qui me donne l’impression d’être vivant. Et je vous le dis franchement : un petit coup de brosse après usage, c’est une déclaration d’amour.

Ma plus grande peur ? Être bouché. Qu’on me remplisse au-delà du raisonnable. Je vis avec cette angoisse, silencieuse, chaque jour.

Et puis il y a eux… Les lecteurs. Ceux qui viennent avec leur roman, leur magazine ou leur téléphone, et qui restent là, longtemps. Je les adores. Avec eux, je me sens utile, je me sens cultivé.

Alors la prochaine fois que vous entrez dans cette pièce sacrée, pensez à moi. Moi, qui vous soutiens, littéralement. Moi, qui suis là quand vous êtes malades. Moi, sans qui le monde tomberait dans le chaos et les mauvaises odeurs.

Je suis des toilettes. Et je suis fier.



samedi 6 décembre 2025

"La vie d'un préservatif"

Moi, c’est Latex. Élasticité parfaite, stries savamment disposées, et un parfum subtil censé éveiller les sens. J’ai été conçu pour une mission noble : protéger et procurer du plaisir. Un équilibre délicat entre sécurité et sensations.

J’ai passé des mois dans cette boîte, aligné avec mes frères, attendant l’instant fatidique où l’un de nous serait choisi. L’excitation est à son comble quand la boîte s’ouvre. Qui sera l’élu ? Qui connaîtra la gloire ce soir ?

Quand vient mon tour, c’est la consécration. Déchirure parfaite de l’emballage, un frisson d’adrénaline me parcours. Je me dois d’être irréprochable. La honte ultime serait de craquer sous la pression… Une erreur de fabrication, un ongle trop vif, et c’est la disgrâce.

Je n’ai qu’un quart d’heure de gloire, quinze minutes où tout repose sur moi. Puis, le moment fatidique arrive. C'est l'extase ! Plus d’utilité, plus d’attention. Me voilà retiré, noué, et condamné à mon ultime voyage. Certains d’entre nous finissent dans une poubelle, d’autres dans la cuvette des toilettes, emportés par le grand tourbillon vers une destinée inconnue.

Mais je pars la tête haute. J’ai accompli ma mission. Protéger, servir, et disparaître sans regrets.



vendredi 5 décembre 2025

"La triste fin de Ronflegueule"

Ronflegueule était vieux.

Depuis des semaines, une toux étrange lui échappait. Parfois, sans prévenir, il crachait un jet de flammes qui incendiait un arbre ou plus encore.

Il comprit vite que quelque chose n’allait pas.

Il convoqua les chefs des villages au pied de sa montagne sacrée. Le vieux dragon avait toujours veillé sur eux. Il les avait protégés des pillards et même de deux royaumes voisins qui rêvaient d’annexer la vallée.

Quand tout le monde fut rassemblé, Ronflegueule prit la parole.

« Mes amis… L’âge m’a rattrapé. Je souffre d’un mal incurable pour un dragon. Une toux infernale. Je ne peux plus retenir mes flammes plus de quelques minutes. Je dois donc me retirer. Je partirai pour une montagne lointaine et j’y attendrai la fin, blotti dans une tanière où je ne risquerai de blesser personne. »

Le représentant des villages baissa la tête.

« Cette nouvelle nous attriste. Avec vous, nous perdons notre protecteur. Mais nul n’échappe au temps. Nous vous remercions pour tout ce que vous avez fait. Nous vous souhaitons un voyage paisible et un repos éternel. »

À peine eut-il fini qu’un spasme secoua Ronflegueule. La toux monta dans sa gorge comme une éruption.

Il essaya de prévenir. Il n’y arriva pas.

Une gerbe de feu gigantesque jaillit. L’assemblée fut balayée en un souffle. Les cris d'agonie portèrent sur plus d'un kilomètre.

Quand tout retomba, il ne restait que des cendres.

Le vieux dragon demeura immobile un long moment. Pas un rugissement. Pas un mot.

Puis il tourna le dos au massacre et s’envola lentement, lourdement, vers une montagne où il n’aurait plus à répondre aux vivants.

Il n’eut pas la force de pleurer. Il toussa seulement.



jeudi 4 décembre 2025

"Plein le Dos"

 - Alors Torgrim, tu veux changer de carrière ? demanda le conseiller d’orientation.

- Exactement, grogna le nain en s’asseyant lourdement sur la chaise. J’en peux plus. Le charbon, la poussière, les coups de pioche dans le noir... je suis à deux doigts d’hurler chaque fois que je rentre dans un tunnel.

- Tu es claustrophobe ?

- Depuis toujours ! Mais chez nous, c’est tabou. Tu dis que t’as peur du noir, et on t’envoie encore plus en profondeur “te faire passer ça”. Mon cousin a fait une crise d’angoisse au fond de la galerie 17 et est devenu fou.

Le conseiller nota “profil instable” sur sa tablette d'argile.

- Et tu as des idées ? Des envies ?

- Je veux de la lumière ! De l’air ! De l'espace ! Peut-être boucher. Ou vendeur de hache.

- Hmmm... on pourrait envisager un poste d’aubergiste dans un refuge de montagne ? 

- Tant que je vois le ciel, je suis preneur.

- Très bien, je note : réorientation vers une activité aérée. On vous rappellera !

Torgrim se leva, le regard soudain plus léger.

- Vous savez, je crois que si vous ne me sortez pas de là je vais faire une bêtise.

Mais n'était-ce pas déjà trop tard !

Il sortit du bureau, le casque de mineur à la main, prêt à écrire un nouveau chapitre de sa vie. Loin des galeries étroites, il rêvait désormais de grands espaces, de coquelicots et de massacrer des passants à la pioche pour faire retomber la pression.



mercredi 3 décembre 2025

"Des voisins belliqueux"

Deux écureuils vivaient côte à côte depuis des années. Ils s’étaient toujours entendus. Jusqu’au jour où ils repérèrent la noisette parfaite.

« Elle est sur mon territoire » dit le premier.

« Peut-être, mais elle est tombée d’un arbre qui m’appartient » répondit l’autre.

Aucun ne voulut céder. Les reproches tournèrent aux insultes, puis aux projectiles.

Des glands volaient dans tous les sens.

Perché sur une branche, un corbeau observait la scène. Il attendait simplement que l’occasion se présente.

Quand les écureuils furent trop occupés à se hurler dessus pour surveiller le sol, il plongea, saisit la noisette dans ses griffes et s’envola.

Les deux voisins restèrent figés, la bouche ouverte.

Ils jetèrent un gland en direction du voleur, mais il était déjà loin.

« Dire que l’hiver dernier je l’ai laissé faire son nid sur mon arbre… » grogna le premier.

« On n’est jamais trahi que par ses amis » répondit l’autre, dépité.



mardi 2 décembre 2025

"Flexton Le Lutin"

Flexton, lutin des bois, n’en pouvait plus de son métier de cueilleur de glands. Les autres lutins se moquaient quand il parlait de ses rêves. Lui voulait devenir chevalier. Pas soldat, pas simple garde. Non. Chevalier. On lui répétait que c’était impossible. Il fallait être adoubé par un noble humain.

« Alors j’irai en trouver un » avait-il lancé avant de quitter le village, sac au dos, sûr de lui.

Après des heures d’embûches, de racines traîtresses et de ronces plus grandes que lui, il sortit enfin de la forêt. Au loin, un château. Le cœur battant, il marcha jusqu’au pont-levis.

Une fois en bas des portes, il cria de toutes ses forces, même si sa voix sonnait comme un sifflet:

« Je m’appelle Flexton. Je viens pour devenir chevalier. Laissez-moi entrer. »

Sur les remparts, une sentinelle fronça les sourcils.

« Tu as entendu quelque chose? »

« Oui. Un truc aigu qui essayait de se faire entendre. Regarde en bas. On dirait… un minuscule bonhomme qui remue les bras. »

« C’est quoi ce tour? »

« Je ne sais pas. Il n’a pas l’air dangereux. J’abaisse le pont. »

Le garde actionna le mécanisme. Le pont descendit trop vite et s’écrasa au sol dans un fracas qui fit vibrer les pierres.

Quand il sortit pour inspecter, il découvrit ce qu’il restait du visiteur.

Il haussa les épaules et repartit vers son poste.

« Alors, c’était quoi? » demanda l’autre garde.

« Aucune idée. Il n’en reste pas assez. »

« Ah. Probablement rien d’important. »

« C’est ce que je pense aussi. »



lundi 1 décembre 2025

"Les prévisions de Marc et John"

John : En cette fin de mois de novembre quelles sont tes prédictions ?

Marc : Le président US va intensifier sa guerre contre les cartels de drogues, notamment au Venezuela. Mais il fera aussi pression sur le Mexique et la Colombie. Et bien entendu, il va réussir.  

John : Je vois, et pour l'Ukraine.

Marc : L'affaire est compliquée. Le président US a offert à celui d'Ukraine une porte de sortie mais plusieurs présidents européens font tout pour qu'il refuse. Non seulement ils veulent que la guerre continue mais en plus ils veulent attaquer la Russie. Si j'étais le président ukrainien je signerai mais le gars est sous coke, donc impossible de prévoir ses mouvements. 

John : Moi aussi je signerai à sa place. Il va finir à la morgue ou en taule ce con. Il est corrompu jusqu'à l'os. Il était déjà dans les Pandora Papers. Cela va mal finir. 

Marc : Pour le reste nous verrons enfin les arrestations promise. Le président US n'a pas annulés les pardons de son prédécesseur sans raison, bien qu'il s'agit d'un appâts, car les vrais annulations des actions de son prédécesseur viendront quand l'élection de 2020 sera annulée.  

John : Ils sont compromit dans l'affaire Epstein, dans l'espionnage de la campagne présidentielle de 2016, dans le Russia Gate, dans des actes de guerres illégaux y comprit sur le sol américain et dans d'autres histoires sordides.

Marc : Les expulsions et les remigrations vont continuer, le président US ne cédera pas d'un pouce. Ce phénomène finira par atteindre l'Europe dans quelques années. Sinon, l'occident disparaîtra définitivement et tout les occidentaux avec.

John : Je pense que le président US divulguera aussi que nous sommes visités le moment venu. Cette histoire de 3I Atlas est une préparation mentale, une étape avant la vérité. 

Marc : Oui, nous saurons tout, y comprit le sexe des femmes de certains présidents. Si les gens savaient le nombre d'actrices hollywoodiennes qui sont en fait des hommes ils en feraient une jaunisse. 

John : Il y aura une dernière contre-attaque spectaculaire de l'Etat profond. Un baroud d'honneur ou plutôt de déshonneur avant leur chute.